Entretien et publication dans le Journal l'Âge de Faire- Mars 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

Un article paru dans le Journal l'Âge de Faire (n° 128,  mars 2018, p.17), dans lequel est évoqué la question du travail et de la collaboration entre cornacs et éléphants d'Asie.


Travail animal : les compétences sous-estimées des éléphants d’Asie

14-04-2016   dans "Sciences et Avenir"

 

Dès son plus jeune âge, l’éléphant est utilisé dans le Nord-Est indien pour effectuer des travaux trop difficiles pour l’homme. Un tel travail est-il donc vraiment aliénant pour l’animal ?

 

Les éléphants du Nord-Est Indien sont chargés du traînage des grumes, ces gros troncs d'arbres utiles aux usines et scieries de la région. © STR / AFP
Les éléphants du Nord-Est Indien sont chargés du traînage des grumes, ces gros troncs d'arbres utiles aux usines et scieries de la région. © STR / AFP

 

COOPÉRATION. "Pourquoi travaille-t-on ? Ou, plutôt, pourquoi l’animal travaille ?" s'interrogeait le psychologue de l'Université Paris-Descartes, Christophe Dejours, lors des premières "Rencontres interdisciplinaires sur le travail animal" à Paris. Pour le sentiment de reconnaissance ou l’accomplissement de soi, peut-être. Pourtant, dans la plupart des cas, les animaux "travailleurs" ne le sont pas par choix. Le travail est-il aliénant pour autant ? Pas sûr, si on s’en réfère au cas des Elephas maximus, ces éléphants d’Asie du Nord-Est indien utilisés dans le traînage des troncs d'arbres abattus, de la jungle à la scierie. Sujets de la présentation "Se faire confiance : coopérer avec les éléphants dans le Nord-Est indien" de l’ethnologue du Collège de France, Nicolas Lainé, ces animaux sont capturés dès leur plus jeune âge pour faire un travail trop difficile pour l’homme.

 

Travail aliénant ou développeur de compétences ?

Après un processus de plusieurs années de socialisation avec l’homme (ici la population thaï-indienne, les Khamtis), ils peuvent devenir soit éléphants bûcherons (ou éléphants forestiers), soit éléphants traqueurs. Les premiers sont chargés de transporter le bois (un tronc pèse environ une tonne, sachant qu’un éléphant peut soulever en moyenne 5 tonnes) dans la forêt et de le charger dans les camions – c’est ce qu’on appelle le "traînage des grumes". Les secondes, qui répondent mieux à la domestication, deviennent éléphants traqueurs (ou "konki"). Ils doivent aider à la capture aux lassos de jeunes éléphants. Dans les deux cas, l’influence des commandes vocales et physiques du cornac (l’homme qui dirige l’éléphant dans son travail) reste très limitée : "Il est très difficile de forcer un tel animal à accomplir une tâche sans consentement ou négociations" indiquait l’ethnologue. Souvent l’éléphant prend lui-même les décisions, soulevant au choix un tronc plutôt qu’un autre du tas de bois ou chargeant de lui-même à un moment précis un troupeau d’éléphants sauvages dont il faut capturer un juvénile. Le cornac a "besoin de connaître exactement les compétences de son animal" pour réaliser ces actions conjointes. Autrement dit, si l’éléphant est autant sollicité pour ce genre de travail, ce n’est pas uniquement pour ses capacités physiques mais aussi pour sa "fine connaissance du but partagé". Comme l'avait remarqué la sociologue Eve Chiapello, "chaque fois que les animaux doivent remplir le vide des règles (ici, par le biais d’initiatives et d’un certain degré d’interprétation), ils inventent pour mieux réussir leur travail". Travail aliénant (puisqu’il dénature l’animal dès sa capture) ou inducteur d’un certain développement de compétences ? "En réalité, un peu des deux", a finalement répondu Christophe Dejours.

 

URL source : http://www.sciencesetavenir.fr/animaux/grands-mammiferes/20160413.OBS8426/travail-animal-les-competences-sous-estimees-des-elephants-d-asie.html


"Se faire confiance : coopérer avec les éléphants dans le nord-est indien",   Nicolas LAINE (Ethnologue, LAS, Collège de France)


 


Film Chang l'Eléphant (1927)

Chang (Chang: A Drama of the Wilderness) est un film documentaire américain réalisé en 1927 racontant la vie d'un paysan du Siam (ancienne Thailande) et sa lutte quotidienne pour la survie dans la jungle.

Kru vit au milieu de la jungle du Siam, dans une petite maison sur pilotis qu'il a construite lui-même. Sa femme, Chantui, son garçon Nah, sa fille Ladah, le bébé dans son berceau et le singe Bimbo composent la famille. Mais les animaux sauvages rôdent et attaquent les chèvres, les veaux, les buffles. Kru retourne alors dans son village demander de l'aide pour organiser une battue : une panthère et deux tigres sont tués. La famille revit en paix. Cependant, Kru a capturé un bébé éléphant « Chang » et l'a attaché à sa maison. La mère de Chang, furieuse, revient chercher son petit et démolir la maison. Toute la famille fuit dans la jungle jusqu'au village. Et là, c'est l'attaque des éléphants sauvages qui détruisent tout sur leur passage ! Mais Kru et ses compagnons vont piéger les éléphants et les poursuivre jusqu'au moment où ils les enferment dans un immense enclos : devenus domestiques, ces éléphants vont alors être employés pour effectuer différents travaux au village : celui de Kru, par exemple, abat un tronc d'arbre, afin de reconstruire sa  maison va être reconstruite. /a paix est revenue dans la jungle.

(source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Chang_%28film%29)


 Conférence  "De l’Inde au Laos: Vivre avec les éléphants", Institut Français de Vientiane (Laos),octobre 2015.

Conférence de Nicolas Lainé, ethnologue, le 29/10/2015 dans le cadre des "Rencontres de Vientiane",  organisée conjointement par l’École Française d'Extrême Orient et l'Institut Français à Vientiane (Laos).

(source: http://institutfrancais.tv/channel/videos/video/conference-de-l-inde-au-laos-vivre-avec-les-elephants-octobre-2015/)